

Pourquoi MOATI’I & KO ?
- MoaTi’i =sculpture sacrée de Moa, mais comme elle est en érection, a été traduite par Phallus.
- KO, pas que pour compagnie mais aussi surtout pour KORU qui est la spirale Maori qui représente le renouveau, la renaissance, l’éternité… motif beaucoup usité en tatouage et sculpture.
Pourquoi ???
Telle est la question… pourquoi sculpter des Phallus et pourquoi les tatouer ?
- Pour le tatouage, c’est fastoche : Cuong est un artiste-tatoueur à la retraite.
- Quant au Phallus, c’est tout simplement au vu de son parcours de santé de ces dernières années avec le tabou du cancer et d’autant plus du tabou de la sexualité dans la cadre du cancer.
MEMENTO VIVERE.
Le cancer ?
Cuong, Artiste-Tatoueur passionné du tatouage polynésien, a en 2022 été opéré pour un caillot sanguin dans la vessie, l’opération a mis à jour une tumeur qui a été totalement réséqué, s’en est suivi une chimioT puis en Janvier 2023 une cystoprostatectomie (ablation de la vessie et de la prostate) avec une dérivation par Bricker (stomie et poche urinaire).
L’analyse post-opératoire n’a décelé plus aucune cellule cancéreuse dans la vessie …
Il lui a été argumenté le principe de précautions … Maigre consolation …
La sexualité dans le cadre du cancer ?
Quand aux craintes au niveau sexuel, on avait assuré à Cuong, qu’il existait plein de solutions et qu’on verrait ça en temps voulu…
« Le temps voulu » a commencé par la prise de la petite pillule qui a été loin d’être « magique » malgré les différentes posologies essayées… puis l’application locale d’une pommade par le méat urinaire… puis des injections dans le pénis, juste avant, très peu… puis plus… puis beaucoup plus… mais aucun effet positif attendu juste en dehors de la douleur …
À l’automne 2024, il ne restait que l’Ultime solution, l’implant pénien : implanter 2 réservoirs dans les corps caverneux du pénis + un réservoir de liquide à la place de la vessie + une commande manuelle au niveau des testicules, le dispositif a une durée moyenne de fonctionnement de 10 ans.
Mais la problématique soulevée juste avant l’opération fut que le pénis n’ayant plus aucune fonction depuis la cystoprostatectomie (quasi 2 piges), s’est rétracté, donc le bénéfice de faire poser un implant est devenu complétement obsolète, bien que la taille ne compte pas… mais là, c’est cumul de peine …
Il est inutile de vous dire que la dite nouvelle est dure à encaisser pour n’importe quel homme, même si le corps médical targuait le fait positif qu’il soit toujours en vie, mais quelle vie ???…
Le cancer, la suite…
À cette période-là, un nodule pulmonaire ayant fait son apparition, on lui annonce en Janvier 2025 qu’une biopsie est dangereuse à réaliser et que par principe de précautions il faut réaliser une lobectomie, comme c’est le poumon droit, il faut juste décider : un ou deux lobes supérieurs ???
Puis réaliser une IRM cérébrale : des études scientifiques ont avancés qu’après un cancer à la vessie, la récidive se faisait aux poumons puis au cerveau…
Parce qu’à priori son organisme est enclin à cette pathologie…
- 2 piges après la vessie qui m’a été retiré pour rien, vous voulez me retirer la moitié d’un poumon pour encore un principe de précaution ? et dans 2 piges quand cela va arriver au cerveau ? vous allez me le retirer aussi ???… Je jouais avec mon fils au Dr Maboul quand il avait 3 ans, maintenant qu’il fait quasi 30 balais, ça fait belle lurette que j’ai cessé d’y jouer !!! s’exclama Cuong en claquant la porte.
C’est juste en Février 2026 dans un autre établissement de santé, qu’un radiologue-intervenant considère qu’il ne voyait aucune contre-indication à réaliser cette biopsie, qui révèle bien une tumeur cancéreuse.
La lobectomie étant toujours refusée par Cuong, la RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire) envisage un traitement par radioT.
C’est le « CyberKnife° » qui lui est proposé, avec la pose d’un grain d’Or près de la tumeur comme marqueur, la séance dure 30 mn, il n’y a aucune douleur, aucune séquelle, aucun effet secondaire et le traitement se fait un jour sur deux en cinq séances.
À ce jour Cuong est en rémission, envisage son quotidien avec plus de sérénité, se relance dans la création artistique … et comme sa marotte est d’apposé du tatouage polynésien partout, il imagine au regard de son handicap de compenser en faisant des sextoys tatoués.
Le bois ?
Le bois, matière que Cuong travaille déjà en sculptant des manches d’Opinels de motifs de tatouage polynésien.
Il fait le chemin inverse en commençant par les couteaux, et en finissant par le Moa. Ne dit-on pas : partir juste avec son Moa et son couteau …
Cuong avait envie d’un bois dense, imputrescible, donc il s’est dirigé naturellement sur du bois exotique, issu de forêt durablement gérée, l’exploitation de l’écosystème garanti son renouvellement naturel, la protection de sa biodiversité et sa résistance au changement climatique.
Certains pourraient arguer le fait que des bois existent en métropole, mais ils n’ont pas la qualité « imputrescible » recherchée, quant à l’argumentation « écologique », ce bois est produit et importé en métropole pour la construction de terrasses, le fournisseur trouvé est à 500 m de l’atelier et il lui arrive fréquemment de donner des petites chutes destinées au feu ou à la benne.
Le bois, bien qu’imputrescible reste poreux, il faut donc le protéger pour pouvoir le laver, Cuong a fait le choix d’une résine polyuréthane qui est fabriqué dans la commune voisine, laissant ainsi le choix à chacun d’exposer sa sculpture ou pas, ou de jouer avec, ou les deux …
Pour que cette liberté se fasse en toute sécurité, la résine polyuréthane (Mat ou brillante) est appliquée en plusieurs couches, à la norme jouet EN 71-3 elle est habilitée pour les contacts alimentaires.
Pourquoi un sexe masculin tatoué ?
Dans le microcosme du tatouage, s’il y a 1 tatouage ultime après celui du visage, c’est celui du pénis. D’ailleurs sa réalisation est entourée et auréolée de légendes urbaines… Untel n’aurait rien senti… Untel aurait été obligé de rester en érection tout le temps de la réalisation… Untel aurait eu l’orgasme de sa vie…
Durant sa longue carrière, Cuong a eu la chance d’en réaliser mais qu’un seul, beaucoup de prétendants pour qu’une seule réalisation …
Et c’est tel qu’il l’imaginait : sous la douleur, l’Anaconda se transformait en vermisseau et désirait comme E.T : rentrer maison …
Le tatouage sur certaines parties du corps a toujours eu une connotation sexuelle : le pubis, l’aine, la poitrine (seins ou pec), le sacrum, la ceinture du bas de dos, le sexe féminin (extérieur et intérieur) et bien sûr le pénis !
Il y a fort fort longtemps vers le XIII° et XIV° siècle, dans le triangle polynésien, on vénérait ses ancêtres au point de les élever au rang de demi dieux : le premier homme à l’origine de l’humanité, pour leur rendre hommage des sculptures en bois ou pierre leurs étaient consacrées : les Tikis, aussi bien féminin que masculin, symbolisent la protection et le mythe fondateur.
À leurs arrivées en Polynésie au XVIII° siècle, les missionnaires choqués par les coutumes locales, la danse, la nudité et le tatouage furent interdits et dans leurs délires de convertir les populations, démolirent les Tikis en pierre et brûlèrent les Tikis en bois, les rares qui sont conservés pour être envoyés en Europe comme « trophée de conversion » se firent émasculer.
Ces sculptures sacrées tout comme le Tatau sont depuis devenus un symbole de l’identité et la fierté de la culture polynésienne, mais rares sont les sculpteurs à réaliser un Tiki avec ses attributs masculins, même parmi les artistes contemporains.
Cuong veut peut-être à travers ses sculptures rendre leur virilité aux Tikis et à travers eux, sûrement à lui-même.
Les phallus sont sculptés ou gravés de motifs de Tatau avec leurs propres significations, laissant moultes reliefs plus ou moins accentués selon l’inspiration du moment …
Cette expression artistique est devenue sa thérapie, sa résilience pleine d’abnégation ou de revanche … Son exutoire sur sa vie de réaliser chaque sculpture unique, de la numéroter et de laisser à chacun/e la liberté d’en faire l’usage désiré : exposée ou utilisée ou les deux …
Pourquoi le Koru ?
Lors de recherches sur la toile, différents sites de sextoys parlaient d’Œufs de Yoni, de boules de vagin, de cônes de vagin, de boules de Kegel… pour le renforcement des muscles du périnée, notamment après l’accouchement… mais cela concerne aussi les hommes pour le contrôle de la miction et des sphincters, et que différents cancers peuvent affecter ces muscles.
Cuong y voyait déjà des boules gravées telles des perles de Tahiti … mais entre les différentes tailles de boules et le poids qui augmentait alors que la taille baissait, cela devenait compliqué…
Et surtout le fait que des amies ont exprimés leurs craintes de perdre la boule… quasi toutes les boules ou autres sont d’ailleurs munies de lacets/liens pour faciliter leur récupération, entre le perçage des boules et les cordons tout cela aurait tendance à former un nid à bactéries et à microbes… Juste un réflexe d’un ancien membre-expert auprès de l’AFNOR sur l’établissement d’une norme dans la pratique du tatouage.
Dans la culture Maori, le Koru est représenté par une crosse de fougère qui se déroule, c’est ainsi que les navigateurs polynésiens abordant les rivages d’AOTEAROA (le pays au long nuage blanc/ la Nouvelle Zélande) ont su que la terre était fertile avec ses fougères argentées arborescentes. D’où sa représentation du renouveau, de la renaissance et de l’éternité.
La forme de crosse du Koru a inspiré ce jouet d’utilité en bois avec une boule d’environ 45mm à insérer pour débuter puis à son opposé une boule de 35 mm, parfaitement recouvert de résine pour l’hygiène, à la norme jouet (pour contact alimentaire) EN 71-3.
Pour augmenter le poids au fur et à mesure, Cuong a imaginé des lests en bois à suspendre à l’extrémité inférieure et surtout extérieure, il est aussi possible de personnaliser ce poids, en remplissant simplement une bouteille d’eau à sa convenance puis en la suspendant avec un ruban ou lacet. Les lests en bois sont bien sur protégé par de la résine.
On peut facilement trouver sur la toile, différents exercices selon ses besoins.
Du premier Koru, une seconde version a vu le jour : la taille a évolué. Il s’est allongé pour d’autres fonctions : chercher le pont G ou le massage prostatique.
Le Patu ?
Il y a quelques années, Cuong avait commencé à travailler sur des casse-têtes Maori, la découverte sur certains sites de la pratique de la fessée érotique, l’a amené à reconsidérer ses « PATU » sous un autre regard …
Chaque œuvre est emballée avec son FUROSHIKI correspondant : les motifs y sont décrits afin de vous rafraichir la mémoire quant aux significations …
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Parahi
